Réforme de l'apprentissage



CONTRATS d’APPRENTISSAGE
Les motivations de la proposition
Dans les contributions qui suggèrent des aménagements visant à la promotion de la formation par l’apprentissage, il est un aspect négligé voir dissimulé, celui de l’échec.

En effet, seul le Conseil des Prud’hommes est compétent en cas de litige. Dans le déroulement de la procédure, la phase essentielle est celle de la conciliation qui permet l’ouverture d’une discussion confidentielle entre l’employeur et l’apprenti, ce dernier étant généralement accompagné de ses parents et d’un avocat. Si les conflits sont rares avec des candidats motivés et impliqués, des récupérations sont envisageables pour éviter les ruptures.
Par contre pour les adolescents en situation d’échec scolaire ou d’intégration sociale, « placés »par leurs parents ou les CFA, les séparations induisent des condamnations onéreuses pour les entreprises. Les inaptitudes manuelles, opérationnelles, comportementales qui découlent fréquemment du manque de motivations de l’impétrant sont généralement imputables à l’employeur qui n’est pas en mesure d’apporter des justifications persuasives. Lors du questionnement, les conceptions d’obéissance, de respect, d’assiduité, de sérieux, constituent des notions désuètes pour les demandeurs tandis qu’elles sont considérées impératives par les employeurs. La bonne volonté du tuteur ne peut se substituer aux notions de dextérité, d’ingéniosité, d’habileté. Chaque postulant étant le produit de son hérédité, de son milieu, de ses capacités cognitives, il s’agit d’intrications entre inné et acquis.
Si ces capacités ne sont pas innées, le découragement s’instaure et s’amplifie.
Ce n’est pas sur des périodes courtes n’excédant pas 2 mois que  les aptitudes peuvent germer.
Les ruptures amiables sont rares. Les parents, l’avocat, confortés par la passivité de l’institut de formation sont assurés d’obtenir la condamnation en jugement. Le motif de rupture pour cause réelle et sérieuse n’est qu’exceptionnellement retenu. Les condamnations octroient des montants significatifs occasionnés par la rigidité des indemnités légales dues en cas de rupture d’un CDD, elles sont proportionnelles à la période restant à courir. Ainsi le tuteur ou son représentant employeur sont sanctionnés, sans indemnisation des frais d’installation, d’accompagnement, des dégâts engagés au cours de la période.
Les employeurs dépités sont ensuite plus que réservés pour recommencer ce type d’expérience. Certains professionnels confirmés plus particulièrement chez les artisans se disent écœurés en affirmant « c’est terminé, je ne prendrais plus jamais d’apprentis ».
La discussion visant à l’adoption de la proposition suivante doit être en mesure d’actualiser les contraintes afin d’atténuer les réticences ainsi que les conflits.
D’autre part, en ce qui concerne les aides, celles accordées aux candidats sont ciblées sous l’appellation « aide à l’équipement » pourquoi ne pas procéder de même avec l’employeur en qualifiant l’aide attribuée sous forme «  d’indemnisation des frais de tutorat et de suivi » en charges d’exploitation identifiables et imputables dans la rubrique comptable 644xx.
Le triptyque bâti depuis le moyen-âge avec un maître, un manuel (le programme) et un lieu unique (l'école) est dépassé. On apprend en tout lieu, tout au long de la vie et actuellement selon des moyens ultra diversifiés. La compétence  postindustrielle est devenue une co-construction qui impose la motivation, l’appétence, le savoir être, ainsi que l’aptitude à œuvrer seul mais aussi avec les autres.
L'employabilité reste le préalable qui détermine la réussite dans l'emploi.


La Convention d’APPRENTISSAGE
Une proposition de loi a été déposée au Sénat sous le n°394 de la précédente session, elle vise à développer l’apprentissage comme voie de réussite.
Dans l’exposé des motifs il est admis que de nombreux freins empêchent son développement en actant une diminution de 11 % sur 2 ans.
Les freins recensés sont les suivants : 1°) le manque d’incitation ; 2°) la déconnexion des diplômes en fonction des réalités professionnelles ; 3°) la définition rigide de la carte des formations ; 4°) l’éclatement de la gouvernance et le manque de coordination ; 5°) les contraintes administratives avec au final 6°) la situation des apprentis et des maîtres d’apprentissage.
Puis dans le chapitre 1er qui « redéfinit » les objectifs on peut noter qu’après le mot « éducatif » est insérée la mention « et économique », Tous les articles suivants traitent de la gouvernance et des modalités administratives réglementaires et de financement.
Il n’est fait nullement allusion à l’implication volontariste des deux acteurs essentiels, le jeune candidat et son employeur. Les notions spécifiques des particularités contraignantes pour l’employeur, de l’alternance, du tutorat et de la relation contractuelle en CDI, sont occultées.
Il est admis que les candidats jeunes sont majoritairement en situation d’échec scolaire ou de contestation de l’autorité parentale. Par contre pour l’employeur la notion de tuteur caractérise une relation d’autorité et de dépendance personnalisée acceptée qui implique une adhésion fusionnelle sur les conditions d’exécution encore faut-il qu’elles soient définies et approuvées par les deux opérateurs.
Les implications des évolutions des technologiques, des moyens de production et d’échange sont ignorées. Il n’est nullement fait allusion aux capacités d’assimilation et aux habilités manuelles qui constituent des facteurs déterminants de promotion.
Tous les métiers ne sont pas uniformes dans leurs exigences de compétences, Ainsi dans la branche hôtellerie-Restauration un réceptionniste ou un serveur peut être opérationnel sur durée qui n’est pas comparable avec celle exigée pour un cuisinier en ce qui concerne non seulement le transfert de compétences mais aussi la durée d’initiation, Les employeurs qui pensent bénéficier d’un effet d’aubaine en adoptant ce type de contrat doivent être marginalisés. Les tuteurs ne doivent pas être oubliés, pour certains il s’agit d’un sacerdoce qui doit être indemnisé et donc encouragé.
Une approche intégrant ces réalités suppose une phase de dialogue afin d’élaboration d’un parcours individualisé en concertation avec un organisme de formation, il ne peut se concevoir qu’après une période d’expérimentation et d’échange supérieure à deux mois.

Pourquoi ne pas s’inspirer de la pratique en cours pour les apprentis du secteur Public. ?
Une convention est conclue au début ou en cours du contrat entre l’employeur et l’apprenti. Elle doit préciser : la durée de la période d’accueil, l’objet de la formation, la nature des tâches qui seront confiées, les horaires, le nom du tuteur, les modalités de prise en charge des frais accessoires, avec l’obligation pour le personne morale de droit public de se garantir en matière de responsabilité civile. La convention est communiquée au CFA, puis transmise à la DDTEFP et à l’URSSAF. Ainsi pour le secteur public le contrat d’apprentissage relève de modes de rupture particuliers et exclusifs au regard du droit commun.
Pour les agents de maîtrise et techniciens la durée de la période d’essai, renouvellement compris peut atteindre SIX mois et Huit mois pour les cadres suivant la législation actuelle,
La convention devra exposer des engagements réciproques du candidat et du tuteur, les moyens mis à disposition, les conditions d’intégration dans un groupe ou une équipe, ainsi que les souhaits de l’apprenti tout en définissant une durée de la formation en fonction des programmes et des dates d’examens. Il ne s’agit plus d’une période d’essai habituelle mais au contraire une période d’élaboration d’un véritable programme d’activité qui permette l’harmonisation du duo apprenant-tuteur. Il est impératif d’envisager une période d’essai prolongée, négociée entre les parties ne pouvant dépasser Six mois en cas de renouvellement.
Le CDD ne devenant définitif qu’à partir de la date de sa transmission à la DDTEFP.
L’institut de l’entreprise a publié un rapport sur l’ère du sur mesure dans une économie post-industrielle, le Chef Thierry MARX affirme « deux années d’apprentissage pour un CAP ne se justifient plus.» - Les compagnons du devoir adaptent en permanence leurs formations. Actuellement, les rythmes de programmes imposés répondent aux exigences de planning des organismes de formation, trop rigides ils ne sont plus adaptés, les durées ainsi que les contenus doivent être individualisées et ciblés. Les CFA doivent faire évoluer leurs méthodes pédagogiques afin de susciter l’esprit de découverte, de synthèse, de compréhension.
Les modalités d’application de la circulaire  n°2001 du 11-07-2001 adressée aux recteurs d’académie sont ignorées. La nouvelle loi Travail n° 2016-1088 du 8 Août ouvre des pistes d’innovation par ses articles 72 & 82 sur la formation à distance et sur la notion de parcours.
Les jeunes ne patientent plus, ils sont dans l’immédiateté avec la possibilité de trouver des réponses à leurs questionnements sur les moteurs de recherche ou les tutos. Les formations modulaires diffusées par le Centre National d’Enseignement à Distance sont d’excellents supports,
Il ne s’agit plus uniquement d’apprendre les cours, mais d’intelliger, processus mental qui transforme l’information en acquisition de nouveaux savoirs et de nouvelles capacités intériorisées, l’amorce du processus de formation permanente tout au long de la vie.

La (C3S), l'outil d'un protectionnisme intelligeant

Après avoir examiné les diverses analyses critiques émises sur les préconisations énoncées lors de la déclaration de  politique générale du nouveau Premier Ministre, le mardi 9 avril 2014, j’ai été contrarié par le fait qu’aucun commentateur ne se soit attardé sur la proposition de suppression de la Contribution Sociale de Solidarité dite C3S.
Je déplore que les fiscalistes de Bercy, généralement très avisés pour imaginer de nouveaux types de prélèvements  n’aient pas envisagé un redéploiement de cette contribution en suggérant de nouvelles modalités de taux et d’assiette.
Les talents de persuasion des lobbies qui œuvrent pour les grands groupes, particulièrement ceux de la distribution ont obtenu la disparition d’une contribution spécifique qu’ils n’ont cessé de vilipender depuis sa création.

Nul ne conteste qu’en matière de fiscalité, il est préférable d'alléger le coût du travail pour accroître la compétitivité de l'économie et inciter à l'embauche.  L'impôt d'avenir d'une nation doit intégrer la mondialisation qui n'est ni une calamité ni une fatalité, elle se gère, tandis que la fermeture des frontières ne serait que l'antichambre de l'appauvrissement. 
Certains économistes et des partis politiques préconisent  une forme de protectionnisme intelligent en suggérant
-          la mise en place d'une politique industrielle inspirée de celle des Américains et d’autres nations.
-          une réforme ambitieuse du financement de la protection sociale.
Nous avons en France une multiplicité de contributions avec des taux qui ne peuvent qu’être majorés à la marge. Il est impératif d’envisager d’autres solutions qui répondent aux contraintes de la réglementation européenne, sans revenir aux classiques droits de douane pour éviter des mesures de rétorsion.

Caractéristiques de la C3S,

En matière d'harmonisation des législations des États membres relatives aux taxes sur le chiffre d'affaires, La Directive 77/388/CEE du 17 mai 1977,  préconise un Système commun de taxe sur la valeur ajoutée avec une assiette uniforme.
A titre complémentaire, il est spécifié à l’  Article 33 
« Sans préjudice d'autres dispositions communautaires, les dispositions de la présente directive ne font pas obstacle au maintien ou à l'introduction par un État membre de taxes sur les contrats d'assurance, sur les jeux et paris, d'accises, de droits d'enregistrement, et, plus généralement, de tous impôts, droits et taxes n'ayant pas le caractère de taxes sur le chiffre d'affaires. (1)JO nº L 104 du 24.4.1975, p. 35. »
 

C’est en fonction de cette particularité qu’un arrêt de  la cour européenne a arbitré en ce qui concerne la Contribution Sociale de Solidarité des Sociétés :

PAR CES MOTIFS,
LA COUR ( QUATRIEME CHAMBRE ),STATUANT SUR LA QUESTION A ELLE SOUMISE PAR LA COUR D ' APPEL DE DOUAI , PAR ARRET DU 29 NOVEMBRE 1984 , DIT POUR DROIT :

LA NOTION DE ' DROITS ET TAXES N ' AYANT PAS LE CARACTERE DE TAXES SUR LE CHIFFRE D ' AFFAIRES ' , TELLE QU ' ELLE FIGURE A L ' ARTICLE 33 DE LA SIXIEME DIRECTIVE , DOIT ETRE INTERPRETEE EN CE SENS QU ' ELLE INCLUT UNE TAXE , A CARACTERE NON FISCAL , A LA CHARGE DES SOCIETES , OU DE CERTAINES CATEGORIES DE SOCIETES , AU PROFIT DE REGIMES DE SECURITE SOCIALE DONT LE TAUX EST DETERMINE SUR LA BASE DU CHIFFRE D ' AFFAIRES ANNUEL GLOBAL DES SOCIETES ASSUJETTIES .
Modalités d’application d’une C3S sur les importations de produits finis :

Sont redevables de la C3S toutes les personnes morales exerçant leur activité dans le secteur concurrentiel, dont le chiffre d'affaires annuel dépasse 760 000 €.
La loi n°70-13 du 3 janvier 1970 PORTANT CREATION D'UNE CONTRIBUTION SOCIALE DE SOLIDARITE DES SOCIETES AU PROFIT DE CERTAINS REGIMES DE PROTECTION SOCIALE DES TRAVAILLEURS NON SALARIES est  L.651-1 à L.651-9 D.651-1 à D.651-20  L.245-13 du Code de la Sécurité Sociale. Ses modalités ont été aménagées par décret à plusieurs reprises en ce qui concerne la fixation des taux, des conditions de recouvrement et  des spécificités des entreprises assujetties.

La notion de seuil de chiffre d’affaires global annuel qui dépasse 760 000 € doit être préservée ou relevé pour ne toucher que les acteurs structurés qui usent de leurs capacités de commercialisation pour peser au maximum sur les prix par le chantage concurrentiel attaché aux importations.
La distribution est en France le quasi monopole d’environ 200 groupements d’entreprises.  Centrales d’achats, fournisseurs de réseaux, succursales. franchisés, affiliés ou autres.
L’impact de leur puissance logistique et financière est redoutable non seulement pour les producteurs nationaux mais surtout par le fait qu’elles paralysent toutes velléités de promotion d’une économie circulaire d’autosubsistance après avoir éliminé le commerce de proximité.

Base actuelle de calcul des contributions nettes dues / Taux normal
Dès lors que les opérations déclarées (I), sans tenir compte des déductions (II), atteignent 760 000 €, les contributions sont dues. Cette base peut être éventuellement minorée des déductions visées au II. A partir du résultat obtenu, le montant des contributions est dû au taux global de 0,16 % (0,13 % pour la Contribution Sociale de Solidarité et 0,03 % pour la Contribution Additionnelle, conformément aux articles L.651-3, L.245-13 et D.651-1 du code de la Sécurité Sociale).
Du fait de leur activité, certaines entreprises redevables des contributions en raison de la réalisation d’un chiffre d’affaires hors taxes supérieur ou égal à 760 000 €, relèvent d’un régime particulier quant à l’assiette à déclarer ou au taux à appliquer avec des parcours déclaratifs appropriés.

La nouvelle C3S arme défensive, facteur de compensation du différentiel de compétitivité consiste à cibler uniquement les importations, directement commercialisées, sans transformations, dès leur entrée sur les plateformes des filiales des grandes enseignes qui exercent sur le territoire national.
La collecte ne serait plus annuelle mais mensualisée, divers taux sont envisageables suivant  une harmonisation identique à celle de la TVA avec un taux normal, un taux intermédiaire et un taux réduit.
Une différenciation intra ou extra communautaire peut être introduite en fonction des origines.   

Les taux doivent être déterminés et réactualisés en fonction des orientations de politique interne et externe de la nation tandis que les impératifs de gestion et de couverture des risques sociaux sont dictés par les besoins de la population.
 La redistribution est en France davantage le fait des prélèvements / prestations sociales que des ponctions fiscales.

Les moyens de perception :
Actuellement, son recouvrement est assuré par le régime d'assurance vieillesse des professions industrielles et commerciales (RSI). La déclaration et le paiement sont à effectuer au plus tard le 15 mai de chaque année.
La mensualisation des déclarations et des versements de cette nouvelle C3S devrait être concomitante avec celles de la TVA. Le recouvrement et le suivi assumés par les URSSAF. 


Pour esquiver les anathèmes nous avons recensé les incidences bénéfiques suivantes :

1 - Les budgets globaux du Trésor Public et des Comptes de la protection sociale au niveau de la nation doivent rester distincts dans leur collecte et dans leur gestion.
Au parlement, par leurs votes sur les prévisions budgétaires, les  élus se prononcent sur des projections distinctes. Les fonctions régaliennes de l’état répondent à des options citoyennes, autres que celles qui concernent la couverture sociale de personnes physiques.
Pour la collecte, les critères ainsi que le ou les taux peuvent être fixés et réajustés sur le plan national lors de l’examen annuel du budget par le  parlement. 
Le choix de l’assiette concernant le financement de la protection sociale doit répondre à un objectif simple : celui de la meilleure concordance entre l’assiette et la nature du risque couvert. Cette considération amène à écarter l’idée de faire porter par les prélèvements sociaux d’autres finalités.

Deux branches sont concernées, la maladie et la famille, dont les droits sont désormais universels. Ils sont attribués sous condition de résidence et non plus sous condition d’activité professionnelle.

2 - Les charges dites patronales et salariales, un artifice illusoire de différenciation :
Versées par l’employeur, d’après le même état déclaratif, la distinction est une notion purement symbolique et comptable qui n’est justifiée que par un impératif idéologique.  C’est un effet d’optique constitutif de complexifications et d’incompréhensions dans les discussions. 
Pour présenter leurs revendications, les salariés n’ont qu’un critère essentiel, le salaire net perçu, constitutif de leur pouvoir d’achat.
Prétendre que les cotisations sont à la charge des entreprises est une supercherie. Lors des débats sur les primaires socialistes c’est l’impétrant, François Hollande qui a été le plus pédagogue en affirmant : « que tout impôt sur une entreprise était forcément répercuté sur les prix donc au final payé par les consommateurs. »
Il semble y avoir accord de nos concitoyens pour faire payer plus les entreprises qui fabriquent ou font fabriquer à l’extérieur par des filiales ou des sous-traitants avec moins de charges sociales. Il convient aussi d’assujettir à cette contribution les productions autres obtenues par des processus automatisées et robotisées.

3 – La promotion des circuits courts de proximité avec accentuation de la concurrence par la pénalisation des marges des  intermédiaires dans la distribution :
Assise sur les achats importés et distribués sans subir de transformation, elle devrait désavantager les intermédiaires qui se contentent uniquement de prélever des marges, sans un  apport de valeur. C’est une incitation à la relocalisation par la consommation pour soutenir la production et les emplois locaux. 
Il ne s’agit pas de pénaliser tel ou tel produit, ou branche professionnelle, mais de contrarier la globalisation marchande, de préserver notre milieu, notre qualité de vie, nos échanges de proximité.
Les producteurs de fruits et légumes n’arrivent plus depuis des années à vivre dignement de leur travail, les coûts de collecte avec charges sont trop élevés.
Les consommateurs modestes hésitent à concrétiser leur préférence sur des collectes saisonnières et locales en se rabattant sur des légumes et fruits importés.
La multiplication des autorisations de vente au déballage amorce une démarche qui ne cesse de s’accentuer. La tendance ne peut s’inverser que par les prix.

Contrairement à une hausse de la TVA, la (C3S) peut être perçue plus indolore en étant présentée comme un transfert sur une contribution déjà versée par la grande distribution. Cette dernière conditionne sa politique de pression sur les prix bas par des achats massifs en provenance de pays étrangers qui procurent des marges de distribution lucratives.

4-La Contribution sociale de solidarité et de sauvegarde des productions nationales (C3S) est un prélèvement équitable.
Les taux peuvent être modulés en fonction des provenances, en excluant les matières premières, avec des différentiels s’il s’agit de productions alimentaires, industrielles en provenance de pays intra ou extra communautaires. 

Habituellement, les consommations individuelles et familiales sont proportionnelles aux revenus, en fonction des utilités, des nécessités, mais aussi des pulsions.
Les consommations des ménages ont marqué une nette évolution depuis cinquante ans. Les services occupent une place prépondérante, plus de 50 % dans les classes aisées et moyennes. La part de l’alimentation est tombée à 25 % en 2007. Par contre, les loisirs, la culture, l’audiovisuel et les outils de communications ont progressé de 10 à 16 %.

La fiscalité indirecte est relativement neutre par rapport aux dépenses de consommation mais dégressive par rapport au revenu. L’argument du caractère anti-redistributif de la fiscalité indirecte doit être de surcroît minimisé si l’on adopte une perspective inter temporelle dans la mesure où l’épargne est simplement de la consommation différée.

5 - Lutte contre la fraude :
Les URSSAF, organismes collecteurs doivent conserver leurs prérogatives actuelles de gestion et de contrôle. En complémentarité avec les agents de l’administration fiscale et des douanes, une harmonisation réglementaire doit  permettre des croisements de fichiers pour un suivi et des contrôles efficaces.

Les URSSAF connaissent et suivent régulièrement toutes les entreprises en ce qui concerne les entrées et sorties de personnel, mais aussi les chiffres potentiels d’activités. Ils disposent de prérogatives qui leurs permettent de procéder à des investigations aussi poussées que celles des inspecteurs des services fiscaux. La complémentarité des missions de suivi et de vérifications des agents de ces deux administrations est évidente et très fructueuse.
Suivant le nombre de salariés, les critères de marges brutes variables ainsi que les types d’activités des ratios de recoupements sont possibles afin de déterminer des fraudes éventuelles.


L'Usine du XXIème Siècle


Le chantre gouvernemental du redressement productif  préconise une révolution industrielle pour inventer une usine du XXIe siècle ultra-compétitive. Il souhaite mener, filière par filière, une révolution industrielle. « L'usine du XXIe siècle sera robotisée, numérisée, efficace sur le plan énergétique, ayant recours aux technologies 3D, et donc ultra-compétitive. Pour cela, nous créons dans la BPI un fonds de 150 millions d'euros pour l'innovation de rupture afin d'aider les entreprises qui prennent des risques, qui font des paris technologiques pour faire émerger les champions de demain. »

Nous ne pouvons que souscrire à cette proclamation mais au préalable il est impératif de bien situer le contexte vu par un dirigeant qui dispose de l’expérience d’un patron de PMI qui a été confronté à cette obsession permanente qui consiste à adapter ses moyens et techniques de production en fonction des avancées continuelles de la technologie et des exigences de ses diverses clientèles. Il a eu l’occasion de constater à de multiples reprises que ce sont les réactifs qui l’emporte.
Tout d’abord un constat préliminaire, contrairement à une affirmation généralement admise, si le monde actuel semble avoir été bouleversé par internet, la toile ne semble pas avoir augmenté significativement les productions de biens de consommation. Internet affecte notre qualité de vie de nombreuses manières, mais pas notre niveau de vie. Des millions de minutes sont consacrées à regarder des vidéos. Au lieu de sortir faire des achats, on peut faire son shopping sur la Toile. On y trouve un choix bien plus vaste, généralement à des prix plus bas. On économise le temps et l’énergie nécessaires pour aller jusqu’au magasin. De la même manière, il est plus simple et plus pratique de se distraire.

Dans le secteur industriel, Internet est principalement une technologie qui aide à réduire les coûts et augmenter l’efficacité. Il permet une meilleure gestion de la flotte pour les entreprises de transport. Il aide les commerçants à éviter des inventaires superflus. Il vous permet de gagner du temps et de l’énergie d’innombrables manières.  Ces moyens rendent la vie plus fluide, et peut-être plus facile et plus agréable, mais elles n’augmentent pas le PIB de façon significative.
Par contre, la généralité des tâches dépendantes du savoir-faire plus que de la conception sont susceptibles d'être automatisées ou robotisées. On peut classer les robots par familles : Les robots allégeant les charges de travail, dans les entreprises, les hôpitaux, en agriculture mais aussi les communicants, les robots effectuant des tâches ménagères, les robots affectés aux tâches dangereuses : secours lors de séismes, aide dans l'espace, etc.

En ce qui concerne les robots, la France affiche un retard encore plus marqué avec une densité de 608 robots pour 10 000 employés, soit deux fois moins qu'en Italie (1 220), qu'en Allemagne (1 130) ou aux États-Unis (1 110), mais aussi 45 % de moins qu'en Espagne (884) et 21 % de moins qu'en Corée du Sud (738). Avec 1 430 robots pour 10 000 employés, les fabricants automobiles japonais sont largement en tête.  Citons à titre d’exemple l'industrie agro-alimentaire qui est très sensible à la qualité des produits, les robots jouent un rôle crucial dans les phases d'emballage, à titre de référence, l'industrie agro-alimentaire allemande, initialement très en retard a comblé son handicap après s'être équipée, en multipliant son nombre de robots.

Une société américaine Rethink Robotics s'apprête à commercialiser un robot humanoïde attentif à son environnement venant directement concurrencer ses collègues de travail. Il s'appelle Baxter.
Il est affiché au prix de 22.000 dollars. Il se distingue des automates utilisés jusqu'ici, notamment dans l'industrie automobile, car il dispose de la faculté d’interagir avec son environnement. Il ralentit préventivement sa cadence si un technicien s'approche, et ne nécessite donc pas de cage de sécurité. Ses articulations truffées de capteur lui permettent de s'adapter à un contact imprévu.
Moins de trente minutes seraient nécessaires pour lui enseigner une nouvelle tâche en le prenant par la main pour lui montrer l'action à effectuer. Quant aux yeux qui apparaissent sur son écran LCD, ils permettraient d'anticiper quelle sera sa prochaine action.

D'après son concepteur, ce robot peut être facilement intégré aux chaînes d'assemblage afin d'effectuer les tâches les plus répétitives. Il constitue ainsi «une promotion pour l'ouvrier», qui peut désormais diriger son équipe d'automates. Il considère que cette innovation, aussi considérable que l'introduction du tracteur dans le secteur agricole, conduira à une véritable «révolution de la production en usine.  L’arrivée de ce nouvel outil multitâches est un facteur qui sera beaucoup plus déterminant que toutes les campagnes de promotions médiatiques mais, à condition que des constructeurs français susceptibles de le dupliquer et de l’améliorer, soient en capacité de s’immiscer dans ce marché en s’appuyant sur l’industrie nationale, suivant ainsi l’exemple des japonais. Après la seconde guerre mondiale nous étions les spécialistes de la machine outil. Les Allemands nous ont marginalisés. Tirons les leçons de ce constat.

L’action ministérielle peut être déterminante pour constituer une assise au développement d’un ou plusieurs constructeurs nationaux. GDR ROBOTIQUE (groupe de recherches robotiques) est à même d’accompagner et labelliser les prototypes. Bertin Nahum le Patron de Medtech, une PME montpelliéraine d'assistance robotique à la chirurgie, a eu récemment la surprise d'être classé quatrième entrepreneur le plus révolutionnaire au monde derrière les Américains Steve Jobs, Mark Zuckerberg et James Cameron. Ce novateur témoigne : « l’innovation ne nait pas de l’assistance de l’état. La première expérience avec le monde médical ne fût pas vraiment heureuse. Notre robot a premièrement été testé dans un CHU du sud de la France, en coopération avec des équipes chirurgicales, notre société se faisant l’honneur à mettre au point ses inventions en collaboration avec leurs utilisateurs potentiels. A un certain moment, il a bien fallu aborder la question de l’achat de cette machine, qui était jusque-là prêtée. Nous avons donc déposé une demande de financement au Conseil général concerné, cette demande fût validée. Nous avons appris quelques jours plus tard que le CHU avait finalement décidé d’utiliser ces fonds pour acheter le produit d’une société anglaise... Cet épisode est selon moi un épisode parmi d'autres qui révèle la réticence du marché français à soutenir ses propres produits. »

Par contre, l’observation de ce qui se passe en Californie est significative, la diffusion et les applications sont le fait de petites équipes au sein desquelles des artisans, des ingénieurs, des étudiants créent eux-mêmes une entreprise pour la mise au point, la fabrication et la vente de tous types de produits ou de services. Il ne suffira pas de créer les équipements, pour que le marché auprès des utilisateurs potentiels soit porteur spontanément, leurs capacités de financement ne doivent pas constituer un handicap.
La  filiale Banque PSA Finance (BPF) vient d’obtenir la  garantie de l’Etat. Ne serait-il pas judicieux d’imaginer une garantie de ce type auprès d’un établissement bancaire dépendant de la nouvelle banque publique d’investissement pour financer l’acquisition d’un robot au  même titre qu’un véhicule de transport en acceptant des règles comptables d’amortissement identiques ? 
La transposition des contrats de crédit-bail avec taux bonifié serait incitative.
D’après l’INSEE, pour le premier semestre de l’année 2013 les industriels anticipent une dégradation de leur situation de trésorerie et de leurs résultats d’exploitation avec un endettement à moyen-long terme en augmentation et des dépenses d’équipement en diminution. La volonté du Ministre risque de se heurter sur un obstacle rédhibitoire, l’impossibilité pour le tissu des PMI d’intégrer l’innovation et de se développer. Elles ne sont pas en capacité de puiser dans leur  trésorerie pour investir.

Les entrepreneurs sont disponibles pour accompagner le mouvement conjugué des consommateurs et des producteurs en faveur du made in France mais à condition de leur exhiber un contexte fiscal et réglementaire incitatif et stable associé à des procédures de financement attractives. 
Jean Augustin VINCENT.